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6 janvier 2009 2 06 /01 /janvier /2009 19:19

 

 - Allô?

- Oui allô c'est Juju le Pigiste, je me permets de vous appeler concernant l'article que vous avez publié à propos de XX, je suis l'auteur de l'article dont vous vous êtes un peu/beaucoup/ à la folie inspiré!

-  Ah ouais? Super, bravo!

- Oui euh, merci, je me disais alors, pourquoi je n'écrirais pas pour vous directement, ça évitera les pompages non?

- Ah ouais super, viens donc à la rédaction demain!

      Me voici face au rédac chef et au directeur de la rédaction d'un grand journal people très connu français.

- Tu peux nous faire des articles, certains journalistes sont partis là.

- Super, sinon je pense que pour le CDD ou le CDI, je suis déjà assis dessus là?

- Tout à fait.

- C'est parti!

        La presse people, c'est comme la masturbation, tout le monde est outré quand on en parle, mais tout le monde l'a déjà fait une fois dans sa vie. Et pour un journaliste, c'est je pense une expérience par laquelle il faut passer. Ecrire un article pour la presse people, c'est comme écrire une rédac au lycée. On vous file un sujet, et voilà.

Par exemple

« Julien, XX a été vu en train de boîter dans la rue + un rapport médical hyper confidentiel + les photos, tu fais un truc merci».

Je dois faire trois mille signes. Autant dire qu'il faut broder, mais broder bien hein, sans commettre de boulettes irréparables.

Exemple: le fait que X a été aperçu boitant dans la rue deviendra:

« Lorsque les lueurs de Paris s'éteignent peu à peu, que les Français rejoignent les bras de Morphée, une silhouette fort connue et appréciée des Français est aperçue rue Trucmuche, la démarche hésitante, difficile, presque impossible. Une âme en peine, en proie à une souffrance que d'aucuns redoutent...Il ne s'agit ni plus ni moins que de XX, le célèbre animateur de... ».

       Et voilà commment gagner trois lignes. Lorsqu'il faut en faire une centaine, on fait appel à son imagination. Etant aussi un peu écrivain, ce n'est pas vraiment le journaliste qui est sollicité dans ce cas, mais bien le petit auteur. Et pour éviter tout procès ou cassage de gueule de la personnalité évoquée dans l'article, je m'affuble un pseudo, en l'occurrence un nom de réalisateur!

     L'accueil dans cette rédaction fut tout à fait sympathique, à mille lieues des clichés que l'on tente de faire avaler dans certaines émissions télé qui commencent par Les et se termine par Infiltrés. Quant aux bonnes âmes qui crient au scandale, et fustigent le côté fécal de cette presse, il n'y a qu'un seul responsable de sa pérennité, les personnes qui l'achètent.

 

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10 novembre 2008 1 10 /11 /novembre /2008 00:02

 

     Non, Juju le Pigiste n’est pas mort! Mais très occupé depuis plusieurs semaines. Des piges régulières au Monde Interactif sur ce site pas piqué des vers qu’est Le Post.fr
    Ensuite, les livres, je dois en écrire pour janvier une grosse enquête pour un grand éditeur, alors le pari est quelque peu osé, donc je suis obligé de me mettre dans une grotte pour rédiger, et cela m’occupe chaque nuit. Ensuite, préparer la sortie de deux autres livres en janvier…
    Juju le Pigiste va vite revenir, avec des histoires de pige nouvelles génération!

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17 octobre 2008 5 17 /10 /octobre /2008 00:03

 

     Hugues Aufray, je l’aime bien. Mais le hic, c’est que cela fait trois fois que je l’interviewe et que son article ne passe pas. Je pense que l’interprète de Santiano me prend soit pour un psychopathe, soit pour quelqu’un qui se fout de sa gueule, soit pour un mythomane qui veut un CD gratuit. Or pas du tout, que nenni!
- Alors cette interview? demande son assistante…
- Euh, en fait, elle va bientôt passer. Vous savez, ça m’intéresse aussi de le savoir, je suis pigiste…
     Je déteste dire ça, ce mot « bientôt », exactement le même terme que les rédac chef sortent aux pigistes lorsque ceux-ci demandent des nouvelles de leur article. Voilà à présent que la situation de la pige est telle qu’elle entache sur les people eux-mêmes.
     Car c’est là un autre tourment de la condition: en effet rien ne garantit que votre article passe. Alors c’est difficile à expliquer, aux stars de l’ancienne génération, qui étaient sûrs de toujours voir leur interview publiée etc.
     Du coup, je fais découvrir à certains people la situation des pigistes, et les interviews se transforment en véritables confessions. Et j’ai remarqué que cela en intéressait beaucoup, qui m’écoutent. Peut-être est-ce par politesse, mais en tout cas ils font vachement bien les gens qui s’intéressent. Cela doit les changer des discours tout faits des autres journalistes.

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15 octobre 2008 3 15 /10 /octobre /2008 00:09

 

- Bonjour, vous êtes prêt pour l’interview?
- Oui…
- Alors attention j’appuie sur l’enregistreur !
- Cool.
- Alors votre enfance a-t-elle influencé votre travail ?
- Je sais pas.
- Moui, et quel regard portez-vous sur votre concurrent ?
- Aucun, m’en fous.
- Mais sinon, êtes-vous pour contre le téléchargement sur Internet ?
- Sais pas, sais plus, monde fécal.
- Et?
- Oui ça aussi.
- Mais encore ?
- Sinon, non.
- Slip ou caleçon ?
- Oui.
- Ce sont vos vrais cheveux ou c’est une moumoute de la Nasa ?
- Pourriez-vous en dire davantage, c’est intéressant…
- Mouais, je sais.
- Merde, vous êtes chiant!
- Hey, t’es marrant comme journaliste toi, je t’aime bien, je t’invite à mon concert.
    Interview cauchemardesque mais entrée gratuite.

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13 octobre 2008 1 13 /10 /octobre /2008 00:02

 

- Qui veut aller au conseil de quartier?
     Des anges passent dans la rédaction, les journalistes se branchent en position autruche africaine, tête engluée sur l’écran de Macintosh.
- Je voulais dire, qui VA au Conseil de quartier ce soir? rectifie Charlie dans l’entrebâillement de son bureau.
    Les anges s’attardent. Les têtes fossilisées sur les écrans.
- Qui j’envois? C’est ce soir… chuchote Charlie, en scannant la rédac façon Terminator.
- Je ne peux pas, j’ai les enfants chez moi, lance l’un planqué derrière un écran.
 Sacrebleu, l’excuse des enfants. Je ne peux pas rivaliser.
- Juju? fait alors instinctivement Charlie.
- Oui ?? fais-je en faisant l’étonnement façon Actor’s Studio, vous m’avez appelé Charlie? Vous allez au conseil de quartier c’est ça ? Quoi, pourquoi moi ? C’est parce que j’ai pas d’enfants c’est ça hein ? C’est de la discrimination, je vais envoyer un fax à la Cour européenne des droits de l’homme !
       Résultat: je suis expédié dans les faubourgs bourgeois de la ville, afin de concocter un compte-rendu pour le lendemain matin. L’ambiance pré-conseil de quartier, c’est comme un épisode de La quatrième dimension: des rues étouffées par le brouillard, dépeuplées évidemment, et une lumière flageolante qui s’extirpe d’une fenêtre solitaire de la mairie, tandis que les derniers bus déguerpissent de la scène municipale. En général, on trouve porte d’entrée close, et il faut faire appel à ses neurones journalistiques pour dénicher une autre entrée. J’opte pour les cuisines, comme dans les films, tout en imaginant un adjoint de la mandature précédente ligoté et congelé dans le frigo, un dossier compromettant sur les crèches à la main. Finalement, me voici seul dans la salle du conseil de quartier, en présence de Monsieur le Maire et 7 adjoints qui me font face, comme si j’étais prévenu dans un procès américain ! Ubuesque !
- Euh, bonsoir messieurs…
- Bonsoiiiiiirrrr, fait une voix noyée de testostérone…
- Euh madame Lapic, je vous avais pas vue, bonsoir aussi, vous avez lu l’article, sympa hein ?
  Les voici qu’ils m’exposent leur bilan, que je note façon dactylo.
- Mais euh, il n’y a personne ce soir sinon?
- Ecoutez Juju, il y a ce match de foot…
- Ah oui très bien, y’a Jean-Lou le Pigiste qui le couvre, fais-je en gribouillant.
- On s’en fout de Jean-Lou le Pigiste, mais que faites-vous avec votre stylo là ?
- Mon stylo ?
- Oui ?
- Je note…
- Vous notez ?
- Euh oui.
- Quelles notes ?
- Des notes? J’ai pas le droit ? Fallait que je révise quelque chose ?
- Je peux voir? se lève le maire dans un style du prof de géo qui aperçoit un élève griffonner des zizis sur sa carte des départements.
- Hein, meuh non, c’est des trucs de journalistes, vous ne pouvez pas, désolé.
    En tout cas, j’espère que vous omettrez ce détail.
- Le détail ?
- Oui, l’absence de public ce soir. D’ailleurs, ça tombe bien, nous avions prévu de reporter, c’est incroyable non ? Ah ah ah.
    Les adjoints font ah ah ah ah ah en choeur
- Espèce de nazi municipal! Nous devions ? s’éveille un adjoint la joue rosie par ses dossiers d’aménagement de trottoirs.
- Vous avez le droit ?
- J’ai tous les droits je suis le maire mouah ah ah ah ah ah !!! Oui, nous allons communiquer là-dessus, d’ailleurs, vous tombez bien, vous allez relayer notre parole dès demain.
- Oui un journaliste tombe toujours bien.
Le conseil de quartier le plus rapide et sectaire de l’histoire.

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24 septembre 2008 3 24 /09 /septembre /2008 00:03

 

Beaucoup de gens me disent ‘’Wouah Julien avec les filles maintenant que tu as écrit un livre elles doivent tomber comme des mouches…’’
Ben non, aussi silencieuses qu’un moustique écrasé plutôt...

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10 septembre 2008 3 10 /09 /septembre /2008 00:04


Plutôt qu’un long discours, voici quelques témoignages issus du site Pigiste pas pigeon
  

 

"On me paie 2,5 centimes par signe. Mes articles, limités à 2.000 signes par le chef de service, me rapportent donc 10 euros brut de l’heure."

"La rédaction d’un magazine a gardé mon reportage pendant six mois avant de me dire que, finalement, elle ne le publiait pas".

"Je devais parfois écrire 5, 6 voire 7 articles sur une journée. Il fallait bien vivre. Je n’oserais même pas les relire aujourd’hui tellement c’était mauvais."

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8 septembre 2008 1 08 /09 /septembre /2008 00:05
                                 
            (Attention, cette vidéo est une parodie, La Classe américaine, et non le film original, mais elle accentue l'ambiance...)

      L’autre soir, j’ai revu Les hommes du président d’Alan J Pakula (1976), sur le scandale du Watergate, débusqué par Bod Woodward et Carl Bernstein. Incroyable le réalisme de ce film, tous les petits détails du journalisme y sont merveilleusement retranscrits : 30 ans après, ce sont toujours les mêmes!
En voici quelques-uns…

. Le fait de ne pas vouloir trop déranger le rédac chef dans son bureau…
. Le fait qu’on assigne à un journaliste un autre journaliste pour une enquête…
. Le fait de revoir un journaliste débarquer dans une rédaction alors qu’on le croyait mort et enterré…
. Le journaliste qui se la raconte devant les autres…
. La séance de remontrances par le rédac chef lorsqu’un papier n’est pas bon, mais a quand même été publié…
. Le « Viens voir ici, tu vas bosser sur ce dossier, laisse tomber le tien. »
. Le « Faut recouper davantage de sources! »
. Le « Tu en es où ?»
. Les coups de fils importants que l’on a du mal à entendre car la rédaction fait du bruit autour ou fête quelque chose…
. Les « Oui bonjour, pardonnez-moi de vous appeler, je suis journaliste pour XXX », et les « Ah bonjour ! » ou « Mouais… » en réponses…
. Le « Hey mais moi j’ai un ami qui bosse là-bas! » lancé par quelqu’un derrière alors qu’on cherche depuis deux heures un contact dans ce secteur…
. Le téléphone est le meilleur ami du journaliste…
. La fille qui vient vous demander quelque chose alors que l’on est au téléphone.
. La personne que l’on interviewe, qui nous engueule en disant qu’il n’aime pas les journalistes et nous raccroche au nez…
. Celle qui dit « Non je ne dirai jamais rien !!! », puis qui s’avère être un véritable moulin à paroles (ça arrive toujours !)
. Les gribouillis que l’on fait sur notre carnet lorsque ce que l’on nous dit au bout du fil n’a pas d’importance et ne sera pas dans l’article…
. Le « Venez voir ! » du rédac chef depuis son bureau qui n’indique jamais rien de bon…
. Le « Mais comment tu as su ça ?? »
. Les yeux qui s’écarquillent lorsque que d’une personne a priori pas importante dans une enquête émane l’élément crucial de cette dernière !
. Les « Ah oui vraiment, et vous auriez son téléphone ??» que l’on demande à la personne au bout du fil évoquant une personne importante dont on cherche le numéro…
. Le fait de se lever avec une certaine satisfaction et aller voir un autre journaliste pour lui apporter un truc crucial noté sur un petit papier..
. Les tonnes de papier qui jonchent le bureau…

Il y en a plein d’autres…qui font que c’est pour ça que j’aime le journalisme.
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4 septembre 2008 4 04 /09 /septembre /2008 00:09

 

- Mais purée Charlie, il s’agit d’une première en Europe, enfin dans cette ville! Mais certainement en Europe.
- De quoi? fait Charlie en train de relire les maquettes encore parsemées de trous blancs non remplis par des journalistes sirotant un verre sur la terrasse.
- Un truc pour les chiens.
- T’aimes bien les chiens toi!
     Nuance Charlie, le lecteur aime bien les chiens, un lecteur qui aime bien les chiens, il lit le journal! Poils, truffe, émotions, Mabrouk, journal vendu, et vous avez vos congés payés tranquille.
- Ok c’est quoi?
- Un bed and breakfast pour chiens.
- Un quoi?
- Un hôtel 5 étoiles pour individus canidés!
- Ah là c’est tout de suite plus clair.
     Direction donc un appartement tenu par une Priscilla folle du désert très avenante et tactile.
- Booonnnnnnnjjouuuuuuur bienvenue ! fait-il/elle en jetant sa mèche brune et soyeuse en arrière au ralenti, et en écarquillant ses rétines mascaras.
     Seul hic, les truffes ne se bousculent pas, à part, affalée comme un pouf Ikéa, une énorme boule touffue poivre et sel, odeur de merlan frit d’une ruelle mal famée de Hong Kong.
- C’est mon chien! Il est gay.
- Mais euh, ils sont où les autres clients?
- Ah mais là ils sont en promenade c’est mon stagiaire mignon qui les promène. Car nous offrons toute la gamme, de la couche à la promenade, du petit-déjeuner à la tisane. Asseyez vous je vous prie.
- Je vous remercie mais où? Entre le tas de poils et le tas de poils, mon cul balance!
- Ah ah ah ah vous êtes drôle vous!
- Non journaliste.
- Ah je sais ça…
       Tandis que mon postérieur effleure délicatement le canapé Rochebeaubois, je contemple depuis le point de vue d’un chien (investigation journalistique oblige) le lieu: des rideaux blancs chatoyants et aussi fins qu’une feuille utilisée pour une rédac de CM2, trois pièces dont une doit servir de cour, une autre de serre avec des spots chauds (à ce jour je n’ai toujours pas saisi la finalité de cette pièce, une cabine de bronzage pour chiens ?), une autre où trônent tels des nénuphars plaqués sur un lac, des coussins en tissu d’une marque connue, puis des fragrances de parfums spécial chien me percutent les narines.
     PSCHHHHHHHT dans mon nez.
- Oh excusez-moi hi hi hi. Tenez ça marche aussi pour les hommes! me sourit Priscilla en rebouchant le flacon rosâtre.
- Ah euh oui ça sent bon n’empêche c’est dingue ! Mais ça ne leur atomise pas leur odorat ?? Y’a pas des normes européennes pour ces trucs, leur asperger du Febreeze en pleine poire c’est pas dangereux ?
- Les chiens adorent…je vous l’offre!
- Je ne peux pas, je suis journaliste, j’ai une déontologie! Je n’ai pas de chien mais merci!
        Avant qu’il ne me demande de faire le chien et de me demander si j’aime les caresses, je prends congé de mon hôte(sse). Sur le chemin de retour à la rédaction, le parfum accolé à mon derme entraîne un drôle d’effet sur les chiens citadins, qui tendent leur laisse, soudainement épris d’un désir lubrique envers ma personne journalistique. Comme dans la pub pour Axe avec les femmes, mais là avec des chiens poilus qui bavent. Moins glamour. 
      Je hâte donc le pas vers la rédaction avant de finir embroché par un Rintintin géant. Je rédige l’article de façon originale, à la première personne, façon L’Appel de la forêt en moins Jack London, mais en me mettant dans la peau d’un chien. J’avais marqué « Par notre envoyé spécial Bouboule ».
      Et c’est resté tel quel, sur 400.000 exemplaires... Je vous laisse, mes croquettes m’attendent.
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1 septembre 2008 1 01 /09 /septembre /2008 00:02

 

- Juju, tu dois faire un micro-trottoir! me vocifère Charlie, les mollets collés à son bureau, le téléphone greffé à ses tympans et sa note de frais prête à se faire gribouiller sévère.
- Euh, mais j’ai jamais fait de journalisme moi. Euh oui oui, bien sûr. C’est où?
- Ben dans la rue.
- Je, euh, très bien, mais la convention de stage couvre les frais en cas d’accident, si je glisse sur une merde de chien par exemple ?
Oui avant d’être pigiste militant, j’étais aussi un stagiaire militant.
      Un micro-trottoir, voici donc ce que fut ma première tâche journalistique. Je ne me rappelle plus, mais je crois qu’il s’agissait d’un micro-trottoir concernant un sketch de Dieudonné (déjà, à l’époque !).
     Transfert trottoir le soir, pluie qui mouille mon cuir chevelu. La pénombre, le tumulte des klaxons. Journaliste esseulé. Telles les étoiles à bord du Millenium Falcon dans Star Wars, les passants me frôlent les temps à la vitesse lumière.
- Euh, excusez-moi…chuchoté-je.
    Premier regard déconfit. On me prend pour un enquêteur de satisfaction Ikéa.
- Hum excusez-moi c’est pour la presse…
   Première fois d’une longue série que je prononce le mot presse. Mais pas assez fort.
- Pardonnez-moi, je suis journaliste et je…
     Nouveau bide. Prunelles écarquillées. Pupilles étonnées, face à ce jeune à l’allure de balai mouillé, leur quémandant je ne sais quoi dans le vacarme citadin. Puis soudain, je prends ma respiration à fond façon Le grand bleu, et plagie la bouddha attitude. Perçant l’horizon pollué, une silhouette ronde avance vers ma personne journalistique, et à la vitesse d’une personne pas commode. Prenant mon courage à deux doigts, je me place au milieu du trottoir, comme pour stopper un hippopotame royal qui charge sur une route du Burkina Faso.
- EXCUSEZ-MOI!
   Cette fois, on me prend pour un gestapiste stagiaire. La boule humaine se fige.
- Excusez-moi hum, je suis journaliste, et j’aurais quelques questions à vous poser.
- ……
- Comment ça, vous ne souhaitez pas parler? C’est votre droit, mais c’est une question toute conne hein.
- ……
- Non mais vous n’aimez pas les journalistes c’est ça hein ??
- ….
- La liberté de la presse vous connaissez? Quoi ma tête de blondinet ne vous revient pas?
- ….
    La personne, je le jure devant les dieux journalistiques, est en train de parler le langage des signes.
- Bon ben euh, excusez moi, circulez.
    Après, lorsque je dis que je suis maudit, on ne me croit pas

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