Mosquito a l’avantage d’avoir instauré un genre à part entière : le film de moustiques ( !). Effectivement,
ceux-ci ne sont pas assez représentés au cinéma. S’ils font des apparitions dans Out of Africa, ou des comédies d’aventure foireuses qui se passent en Amazonie reproduite dans le jardin
d’un producteur californien, leur véritable prestance n’est pas mise en valeur, ni leur indéniable présence à l’écran et leur fameux « Bzzzz ». Un quota se devait d’être respecté.
Autant dire qu’avec Mosquito, ce quota est carrément pulvérisé ! On n’en attendait pas tant de la part des producteurs qui sur ce coup se sont lâchés. Ayant flairé le bon filon avec
La Mouche, ils décident sans aucune prétention aucune ni crainte de pondre un film sur des moustiques, non pas de simples moustiques, mais des moustiques géants de 2 mètres d’envergure s’il vous plaît ! !
Autant dire qu’avec le
nombre de moustiques glandant sur la planète, les humains, ou plutôt les Américains, ont du souci à se faire. Non, ce ne sont pas des déchets toxiques qui sont à l’origine de l’envergure des
moustiques, les scénaristes sont plus malins que cela : c’est carrément le crash d’une soucoupe extra-terrestre qui est la cause des horribles événements à venir. Le moustique étant con, il
(enfin elle) décide de sucer le sang d’un alien dont on ne voit, budget équivalent à une 2CV d’occasion, que la main. On plaint l’extraterrestre car sa soucoupe s’est crashée dans un coin paumé
des Etats-Unis, chez des Mormons ou autres péquenauds du Middle West. Pour changer… Con d’alien, tu pouvais pas te crasher en Sibérie ?
Mosquito est un nanar (« film raté qui fait rire alors
qu’il n’était pas destiné à provoquer ce phénomène ») de très haute catégorie, une référence, un standard, une dieu. Tout y est respecté, un doublage français bidon et amateur, une action
bien molle (en gros comme lieu d’action on a un camp de vacances, une forêt, une maison et….un frigo).
Dans tout nanar qui se respecte, un personnage sort du lot, impose sa
marque, crève l’écran. Il y a bien sûr le personnage du black scientifique sympa, afin de pas être taxé de racisme. Les autres personnages n’en sont pas moins dénués de charisme. Un couple par
exemple, en bagnole, qui roule peinard, et heurtent un moustique géant. Le gars sort, plus inquiet pour son capot que pour la chose qu’il vient de heurter. La fille va examiner la maquette, enfin
l’animal, en piteux état. Ah oui on ne fait pas dans la dentelle, on montre direct un moustique géant dès l’introduction! C’est marqué sur la jaquette : chose promise, chose due! Moule
extrême, la file en question est une spécialiste des insectes qui doit justement passer un entretien d’embauche dans la ville voisine, ville qui va être attaquée par les autres
moustiques.
Il est très difficile d’évoquer Mosquito car chaque scène est
quasi parfaite. Que dire de la scène de la poursuite par un moustique géant d’un méchant qui est en train de faire caca ? De la poursuite du camping car par des moustiques dont le battement
d’aile semble composé par Charlie Oleg? Choisir une scène mémorable de Mosquito, c’est comme choisir entre se couper sa jambe gauche et sa jambe droite. Personnellement, je retiendrais
s’il le fallait la scène « de la bâche ». Mémorable, car il ne s’y passe…absolument rien. Le héros sort de la chambre de son hôtel déserté. Il aperçoit un scientifique en train
d’essayer me mettre sa bâche sur sa Jeep. Il s’approche de lui : « Vous avez besoin d’aide ? », le mec répond « Oui, merci ». Et ils mettent la bâche sans rien dire
pendant trois minutes. Du cinéma réalité! Autant dire que cette critique ne représente que 40% du film. Beaucoup repose sur les personnages, au point que les moustiques ne nous intéressent plus
vraiment, et que l’on attend les répliques de chaque protagoniste avec impatience.
La réplique finale est
quant à elle nanardement splendide ! Après avoir tué tous les moustiques de la Terre (qui s’étaient tous mis à leur poursuite par chance), le héros déclare au scientifique :
« Ouais !!! Tu les as eus ! ». L’homme de science de répondre, dans le dernier plan au soleil couchant : « Allez, cassons-nous ».
Et pourquoi pas un film sur des limaces hein? Ah pardon, ça existe déjà, et je l’ai
vu…