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Un artéfact trône majestueusement dans la
plupart des rédactions. Un artéfact au pouvoir inconnu, à la chaleur constante et aux parois translucides. La cafetière. Pas la machine à café bruyante harcelée par tous les journalistes, non,
mais la cafetière perso, amenée ici par on ne sait qui, comme les statues sur l’île de Pâques, et alimentée par des sacs de cafés estampillés d’une grand-mère à lunettes qui vous nargue. En
général, c’est la secrétaire qui s’occupe du processus de création du café via la cafetière. Une fois, je décide de le goûter, dans un gobelet en plastique (mettez-en deux ou trois, un bon
conseil pour éviter de vous carboniser les empreintes digitales…). L’impression de punir ma langue. Mon visage affiche un dégoût comme dans les films américains quand les flics boivent du café
pas très catholique.
- Mais qu’est-ce que c’est que ce café??? fais-je à la
secrétaire.
- Ah oui Juju, il est là depuis une semaine, tu peux l’éteindre
la machine d’ailleurs ?
Car le
voyant était en effet allumé, ce qui me fit croire que le café venait juste d’être concocté, comme dans la pub pour Mon ami Ricoré. Tu parles, mon ami Enfoiré plutôt! La caféine a eu le
temps de coller à la paroi façon stalagmites ! Je décide d’arranger moi-même une nouvelle fournée, pour rendre hommage aux circuits intégrés de cette machine damnée. D’abord, lui filer un
coup de jeune en passant une éponge. A l’intérieur, la machine à l’origine blanche est de la même couleur que le café. En totale harmonie me direz-vous, mais bon...En dépit de tous mes efforts,
impossible de réaliser une tasse digne de ce nom. Sans oublier la honte, une éponge à la main en train de nettoyer l’appareil, lorsque Charlie vient interviewer quelqu’un dans la cafét, la
salle d’interview. Bizarrement aucun n’accepte mon breuvage. De vieux brisquards, déjà tombés dans le piège caféiné, qui doit entrainer les mêmes effets sur un journaliste que le Graal sur
les méchants à la fin de Indiana Jones et la dernière croisade…
Parfois Juju le Pigiste, dans la plus parfaite tradition française, se prête à la délation, celle des sosies pourris. Pas les sosies passionnés, non, mais ceux qui font payer une fortune à de pauvres naïfs pour animer des soirées, alors qu’ils ressemblent
vaguement à une célébrité !! Aujourd’hui, celui de George Clooney (surlignez).


Je viens d’enregistrer une émission de télé pour mon livre. Diffusion le 18 juin sur France Télévisions.
Invité avec moi, le cultissime chanteur Richard Gotainer, qui ne savait pas vraiment ce qu’était un pigiste! Vif échange sur le plateau pour lui expliquer! A ne pas manquer…Evidemment, le seul
problème technique survenu durant le tournage est arrivé à mon entité journalistique…Le micro a subi ce que l’on appelle la poisse du pigiste.
Après l’enregistrement, je suis allé récupérer mes papiers dans la loge (privative !) de Richard Gotainer…jamais de ma vie journalistique je n’aurais cru voir un
jour l'interprète du Youki…en caleçon. Surtout lorsque le titre phrase de son album s’appelle « Quéquette blues ». Si un prof m'avait dit au lycée: "Un jour viendra petit Juju où vous
finirez par mater Richard Gotainer en calebute!"...
Dire qu'au départ je devais enregistrer avec Dieudonné, que j'ai croisé juste avant mais pas en caleçon à carreaux. Comme quoi la pige permet vraiment de contempler des choses
abracadabantes! D'une autre dimension.
Je me rends compte que j’ai omis de préciser un détail sur ce blog, un an et demi
après sa création. En l’occurrence l’aspect professionnel du pigiste qu’il ne faut justement pas oublier d’afficher en Une…
Un pigiste, outre se sortir les doigts des fesses pour débusquer des sujets et les vendre, doit encore affronter une troisième et ultime épreuve, celle qui
pompe le plus de vitamines et de moral : se faire payer. C’est alors à ce moment précis que le pigiste ressemble le plus à un maçon slovaque embauché au noir. Ah oui hein, c’est beau d’avoir
son article sur papier glacé et tout, mais ne rien avoir sur son compte en banque, cela procure une légère et gênante quand on s’assoit. Droits d’auteur, salaires, liquide, cailloux, ou rien du
tout, diverses formes de paiement concernent le pigiste :
. Le droit d’auteur : la belle arnaque, ils ne vous permettent par exemple pas de décrocher votre carte de presse…ou quand les rédacs chefs vous confondent avec un écrivain à la petite
semaine…
. Le liquide : ça ne m’est jamais arrivé, mais on me l’a déjà proposé…
. Le chèque : belle arnaque aussi…après les chèques repas, les chèques articles…
. Le rien du tout : commode pour le rédac chef…
. Le "dans ton cul": oui, certains proposent de façon officielle de piger ''bénévolement"
. Parmi les originales que l’on m’a racontées : un abonnement au journal avec lequel on collabore (!).
. Les salaires : là c’est le top, des fiches de paie dûment payées et tout, dûment taxées aussi.
Après ces quelques déconvenues, le pigiste entre alors dans la phase téléphone, relance, téléphone, relance, pour vérifier s’il a bien été
payé. En général, ce n’est pas le cas. Pigistes de tous pays, vous méritez une médaille.
J’attends vos témoignages…
Vous savez, ces « fils, filles, cousins, neveux, chiens, sex partners de » qui nous rabâchent à longueur d’interviews :
Aujourd’hui, Nicolas Coppola, alias Nicolas Cage,
comédien, neveu de Francis Ford Coppola, réalisateur...

Juju pige depuis peu pour Le Monde interactif ! Pour un de ses nouveaux sites vachement bien.
C’est par ici. Et ma page perso est
ici…Venez me voir à l’occasion…

- Allô oui ici Pénélope Safouete l’attachée de presse de Monsieur le Maire !
- Ah bonjour…
- Oui, ben hein le maire n’est pas content hein, vraiment pas !
- Pourquoi ?
- A cause de l’article, que nous avons lu ce
matin.
- Quoi ? J’ai dit qu’il mangeait des
enfants ?
- Non hein vous n’avez pas parlé
de l’action sociale, COMME NOUS VOUS AVIONS DIT DE LE PRECISER, ni de sa mise en œuvre dans le quartier Zola par Monsieur le Maire il y a exactement huit mois. A vous lire, la mairie se serait
croisé les doigts !
- Ben euh
oui.
-
Pardon ??
- Euh je relis, là, je relis
l’article…
- Ah oui hein il est pas
content
- Je vous passe le rédacteur en
chef !
Les paluches de Charlie s’emparent du combiné. Puis débute cette scène que l’on contemple avec surprise et
ébahissement au tout début de sa carrière : le rédac chef qui discute au téléphone à travers la vitre, glisse de long en large comme Michael Douglas dans Wall Street, et résout les quiproquos journalistiques.
- Juju, c’est bon, laisse tomber c’est une conne, c’est arrangé !
C’est fort un rédac chef.